Renault Dauphine Gordini : que vaut ce modèle emblématique ?
Elle incarne une époque où l’automobile française brillait par sa simplicité mécanique et son ingéniosité. Née dans la foulée d’un succès sportif inattendu, la Renault Dauphine Gordini fait partie de ces modèles qui n’ont jamais quitté la mémoire collective. Entre design rétro, innovations techniques et héritage historique, elle soulève encore aujourd’hui une question simple mais captivante : que vaut vraiment cette icône Renault ?
| Rubrique | Faits marquants |
|---|---|
| Présentation |
Berline sportive compacte (1957–1968) Développée par Amédée Gordini Succède à la Renault 4CV, avec moteur arrière Objectif : dynamiser l’image de Renault après ses succès sportifs |
| Design |
Ligne arrondie, chrome latéral, badge « Gordini » Testée en soufflerie pendant 5 ans Pneus larges, 4 rapports, coussins d’air : innovation au rendez-vous ! |
| Moteur |
Ventoux essence 845 cm³ 36–40 ch, moteur arrière, 8.0:1 de compression Pas de turbo, mais un tempérament punchy ! |
| Performances |
Vitesse max : 117 km/h 1000 m D.A. : 43,1 s Conso : 6,7 l/100 km Poids/puissance : 19,09 kg/ch |
| Production |
France, Brésil, Argentine sous licence Berline populaire, symbole de mobilité accessible |
| Réputation |
Facile à entretenir, économique, agile Icône des années 60 et de l’essor industriel français Début de saga des Renault sportives Gordini |
| Palmarès |
Rallyes Monte-Carlo et Tour de Corse 1956 Belle combativité en compétition pour une voiture de série ! |
| Valeur en 2025 |
Correct : ~8 600 € Restaurée : 16 000 – 20 000 € Top restauration : jusqu’à 35 000 € Record connu : ~20 500 € |
| Anecdotes |
Concourrait en catégorie < 1000 cm³ Son moteur a servi de base à un V8 du prototype Renault 900 ! |
Renault Dauphine Gordini : une berline pensée pour gagner
Origines et contexte du projet Gordini
Dès 1956, le service compétition de Renault enchaîne les coups d’éclat avec la Dauphine de série. Victoires au Monte Carlo et au Tour de Corse, image dopée auprès du grand public… Il n’en fallait pas plus pour que Renault décide de capitaliser. La marque confie alors à Amédée Gordini le soin de muscler cette berline populaire.
Une stratégie claire se dessine : créer une voiture plus nerveuse, sans pour autant perdre le confort et la simplicité d’une voiture du quotidien. La Renault Dauphine Gordini voit donc le jour en 1957 avec ce double ADN : accessible et performante, une formule qui séduira des milliers d’automobilistes.
Un design signature et une conception affutée
Visuellement, la Renault Dauphine Gordini conserve les lignes douces et enveloppantes de la Dauphine classique, mais des détails spécifiques trahissent son tempérament. Moulures latérales chromées, pneus élargis et anagramme « Gordini » sur le capot arrière affirment son identité. Le travail aérodynamique n’est pas un gadget : la voiture profite de cinq ans de recherche en soufflerie.
À l’intérieur, les évolutions progressives incluent un tableau de bord modernisé, des poignées de portes redessinées, et une option pour suspension à coussins d’air Aerostable – rare à l’époque sur ce type de voiture.
Mécanique et performances : ce que cache le capot
Moteur Ventoux signé Gordini
Sous le capot arrière, la Renault Dauphine Gordini cache un bloc Ventoux type 670-5. Petit par sa cylindrée (845 cm³), il affiche pourtant entre 36 ch et 40 ch selon les configurations. Amédée Gordini a retravaillé la culasse et la distribution pour faire grimper le rendement sans alourdir la mécanique. Résultat : un taux de compression de 8.0:1 et un rapport puissance/litre de 39,05 ch.
| Spécificité | Détail |
|---|---|
| Position moteur | Arrière |
| Puissance | 36 à 40 ch à 5 000 tr/min |
| Couple | 56 à 67,7 Nm |
| Consommation | 6,7 l/100 km |
| Vitesse max | 117 km/h |
Des performances modestes, mais équilibrées
Avec un rapport poids/puissance de 19,09 kg/ch, la Dauphine Gordini reste maniable, notamment en ville ou en routes sinueuses. L’absence de turbo ne freine pas le plaisir au volant : elle joue sur la légèreté et la souplesse. L’accélération sur le 1000 m départ arrêté en 43,1 s reste dans les standards de l’époque pour une berline compacte sportive.
Diffusion, production et rayonnement international
Une berline populaire sur plusieurs continents
Produite jusqu’en 1968, la Renault Dauphine Gordini ne s’est pas limitée à l’Hexagone. Elle est également assemblée sous licence en Argentine (IKA Gordini) et au Brésil (Willys-Overland), où elle répond à une même logique : proposer une voiture robuste, simple à entretenir, mais plus vive que la berline de base.
« J’ai acheté une Gordini d’Argentine en 2019. C’est étonnant de voir à quel point elle a gardé son âme française. Même le bruit du moteur est exactement celui dont je me souvenais enfant. » – Témoignage d’un collectionneur belge
Une image forte : entre mythe et accessibilité
Forme, souvenir et culture mécanique
Symbole fort de la France des Trente Glorieuses, la Renault Dauphine Gordini incarne cette période de boom économique et de démocratisation automobile. Son image reste attachée aux routes en lacet, aux rallyes régionaux et aux familles qui voulaient rouler sport sans exploser leur budget.
La simplicité de son entretien et le coût modéré des pièces en ont fait une base parfaite pour les jeunes pilotes et les mécaniciens du week-end.

La Renault Dauphine Gordini en rallye : héritière d’un palmarès
Ce modèle doit aussi sa notoriété à ses exploits en course. Avant même d’être badgée Gordini, la Dauphine brille au Monte Carlo et au Tour de Corse. Plus tard, la version sportive continue d’évoluer sur les routes européennes en rallye amateur.
Un tel bagage participe à l’aura de la voiture, renforçant sa valeur émotionnelle.
Cote marché : combien vaut une Renault Dauphine Gordini en 2025 ?
La valeur d’une Gordini varie fortement selon son état, son origine, ses pièces et son historique. En état moyen ou à restaurer, compte entre 8 000 et 15 000 €. Pour un modèle en excellent état, les annonces grimpent régulièrement entre 16 000 € et 20 000 €.
- 1962 – 845 cm³ – 53 000 km : 20 150 €
- 1961 – 845 cm³ – 63 500 km : 16 000 €
- 1965 – Modifiée moteur 1300 Gordini – restaurée : 34 950 €
L’écho d’un nom : Gordini chez Renault
La Renault Dauphine Gordini est la première d’une ligne qui va marquer durablement les décennies suivantes. Elle a lancé la série des voitures Renault badgées Gordini, alliant compacité, sportivité et accessibilité. Elle a pavé la voie pour les R8 Gordini, Alpine A110, puis plus récemment les Clio Gordini au XXIe siècle.
Elle reste une référence dans l’histoire de l’automobile française, et un marqueur de la culture mécanique franco-européenne.







